Fertilité et ostéopathie

LE CYCLE MENSTRUEL

1-Phase folliculaire

C’est la première phase du cycle hormonal féminin, elle commence le premier jour des menstruations pour se terminer à l’ovulation soit en moyenne 14jours.Le taux de l’hormone FSH produite par l’hypophyse est relativement haut pour permettre aux follicules ovariens de se développer, ils produisent des œstrogènes ce qui permet à l’ovocyte (futur ovule) qui se trouve dans le follicule d’arriver à maturation.

2-Ovulation

Généralement autour du 14e jour, lorsque l’ovocyte est arrivé à maturation, le taux d’œstrogène est haut, il va alors entraîner une baisse de la sécrétion de FSH par l’hypophyse, cette dernière va la détecter et il va s’en suivre une sécrétion brutale et très importante de l’hormone LH toujours par l’hypophyse. C’est ce pic de LH qui va déclencher l’ovulation et donc la libération de l’ovocyte par l’ovaire. L’ovule (ovocyte à maturation) va alors migrer vers la trompe, lieu d’une possible fécondation.

3-Phase lutéale

Le follicule a libéré son ovocyte mature ou ovule dans la trompe. Le follicule va alors évoluer en corps jaune et va secréter de la progestérone. Par l’action de cette hormone , l’endomètre va se développer et se préparer à recevoir l’œuf qui est l’ovule fécondé par le spermatozoïde si il y a eu fécondation. Au bout de 7jours après l’ovulation soit à J21 environ, s’il n’y a pas eu de fécondation, le corps jaune commence à diminuer et la sécrétion de progestérone également, l’endomètre progressivement se désagrège et à J28 les menstruations apparaissent. Dans le cas d’une fécondation, l’œuf sécrète l’hormone HCG (dosée dans le test de grossesse) qui permet au corps jaune de se maintenir et à l’endomètre de permettre la nidation.

QUAND CONSULTER ?

L’infertilité est l’incapacité d’obtenir une grossesse spontanée après 12 mois de rapports réguliers non protégés et sans contraception pour l’un des deux conjoints avant 35 ans, et après 6 mois de rapports au delà de 35 ans.

On peut donc considérer qu’entre 6 et 12 mois sans grossesse spontanée, le couple peut consulter pour troubles de la fertilité.

Cependant si l’un des 2 conjoints présentent certains antécédents comme des troubles des cycles menstruels chez la femme ou alors des pathologies ou suspicion de pathologies pouvant avoir une incidence sur la capacité à procréer chez l’homme comme chez la femme, la consultation peut s’effectuer bien avant.

Aujourd’hui, 1 couple sur 5 consulte pour trouble de la fertilité. En 1982 a eu lieu la première naissance d’un bébé par PMA en France. On estime à 4 millions le nombre de personnes étant issu d’une PMA dans le monde en 2022.

DES CAUSES MULTIPLES

Infertilité masculine

Chez l’homme l’infertilité est très souvent idiopathique, c’est à dire qu’elle n’est pas expliquée par une cause bien précise, cependant elle représente jusqu’à 25% des causes d’infertilité rencontrées par le couple quand celle-ci est la seule. Il faut donc tenir compte du fait que dans de nombreux cas d’infertilité inexpliquée environ 30%, la cause masculine peut en représenter la moitié soit 15%. On peut donc dire que jusqu’à 40% de l’infertilité dans un couple peut être masculine.

Lorsqu’elle est expliquée, l’infertilité masculine peut être liée à différents facteurs :

troubles endocriniens avec une sécrétion de testostérone insuffisante qui influence directement le développement des spermatozoïdes par exemple.

Troubles urologiques qui vont entraîner des dysfonctions érectiles de l’appareil reproducteurs

lorsqu’elle est idiopathique et c’est très souvent le cas, les facteurs environnementaux sont omniprésents.

En effet l’exposition aux perturbateurs endocriniens, la consommation de substances dites toxiques comme le tabac, l’alcool, les drogues, médicaments, représente une part essentielle des causes de l’infertilité car ils vont directement entrainer une baisse de la quantité et de la qualité des spermatozoïdes

Infertilité féminine

Il existe un grand nombre de cause l’infertilité chez les femmes, elles sont très variées.
Tout d’abord elle peut être liée à un trouble de l’ovulation dont les causes vont avant tout être hormonales.

Il est primordial d’identifier des déséquilibres hormonaux qui vont avoir une influence sur le cycle menstruel comme. Les perturbations peuvent être hypophysaire (LH, FSH), thyroïdienne (TSH) notamment.

La seconde grande cause de l’infertilité chez la femme va être dans la perturbation de la nidation c’est à dire dans l’implantation de l’embryon dans l’utérus. Ici les antécédents médicaux, chirurgicaux sont en grande partie responsables.

Des grossesses extra utérines peuvent avoir altéré la qualité de la muqueuse des trompes et donc perturber voir empêché la descente de l’œuf dans l’utérus. Des anciennes chirurgies vont également créer des adhérences qui vont avoir une influence sur la nidation.

Enfin des pathologies comme l’endométriose peuvent également avoir de lourdes conséquence sur le déroulement des cette phase précoce de la grossesse.

Mode de vie et environnement

Que ce soit chez la femme ou chez l’homme, les facteurs environnementaux vont avoir une énorme influence sur la fertilité.
Le mécanisme de la reproduction étant très dépendant du système hormonal, tous les éléments pouvant le perturber vont être à identifier et corriger.
La consommation de « toxiques » comme l’alcool, le tabac, les drogues, les médicaments vont altérer la qualité et la quantité des gamètes (ovocytes et spermatozoïdes).

L’obésité va entraîner un risque accru de diabète et donc une perturbation de la sécrétion d’insuline qui elle, va avoir un effet néfaste sur l’ovulation.

Réduire les sources de stress est primordial car l’axe gonadotrope (axe hormonal gérant la reproduction) y est très sensible.

INTRODUCTION A LA PMA

Bilan de fertilité

Lorsque le couple constate qu’il n’a pas obtenu de grossesse spontanée après un an de rapports réguliers et non protégés pour une femme de moins de 35 ans, ou après 6mois pour une femme de plus de 35 ans, le début d’un parcours AMP est envisageable.

Il va falloir définir les causes de l’infertilité au sein du couple et donc pour chacun des 2 conjoints.

Tout d’abord, la réalisation d’une anamnèse complète va avoir lieu de manière à obtenir toutes les informations possibles sur les habitudes quotidiennes caractérisant leur rythme de vie. Les informations comme la profession (lieu de travail, déplacements, horaires…), l’alimentation, la consommation de toxiques. Ensuite des questions plus précises sur la vie sexuelle seront posées pour savoir quelle est la fréquence des rapports, depuis combien de temps le couple est-il en recherche de grossesse ?

Enfin chaque conjoint devra préciser s’il a des antécédents médicaux, chirurgicaux, infectieux ou traumatiques qui peuvent altérer la fonction de reproduction.

Le couple devra réaliser des examens complémentaires afin de déterminer ensuite scientifiquement les possibles causes de l’infertilité.

Pour une femme :

  • Hysterosalpingographie (examen de l’utérus et des trompes)
  • échographie endovaginale
  • Bilan sanguin infectieux et hormonal
  • Pour un homme :
  • spermogramme
  • spermoculture
  • bilan sanguin infectieux et hormonal

À la suite de ces examens et du diagnostic, certains seront à renouveler régulièrement pour observer une évolution. Une solution adaptée sera proposée en fonction des résultats obtenus.

Les traitements

En fonction du diagnostic médical des causes de l’infertilité, différentes solutions sont proposées.

L’Insémination Artifielle intraCouple (IAC) est la solution lorsque le spermogramme de l’homme a révélé que les spermatozoïdes avaient une mobilité diminué et donc des difficultés à atteindre l’ovule et donc le féconder. Le sperme est alors introduit dans l’utérus le jour de l’ovulation pour faciliter la fécondation.

L’Insémination Artificielle avec Donneur (IAD) est la même chose que l’IAC sauf que le sperme n’est pas celui du conjoint mais celui d’un donneur anonyme. Cette technique est proposée lorsque l’homme présente une stérilité et donc une impossibilité d’obtenir une fécondation au sein du couple.

La Fécondation In Vitro (FIV), est proposée souvent en cas d’infertilité idiopathique c’est à dire lorsque le diagnostic de la cause de l’infertilité est difficile à établir et inexpliquée, et également lorsque les 2 conjoints présentent des troubles de la fertilité (trouble de l’ovulation pour la femme et spermatozoïdes très peu mobiles pour l’homme par exemple).

Elle se déroule en 3 temps :

Tout d’abord le traitement médical et hormonal pour la femme afin de stimuler les follicules ovariens pour obtenir un maximum d’ovocytes, ce traitement se fait par injections sous cutanées oendant 14jours. Sur la fin de la stimulation ovarienne, l’ovulation va être bloquée par une nouvelle injection hormonale, afin que les ovocytes ne soient pas libérés par les follicules en prévision de la ponction ovocytaire.

Une dernière injection est réalisée pour déclencher l’ovulation qui va avoir lieu 37 à 40h après.

C’est à ce moment qu’est réalisé la ponction des ovocytes, la patiente est hospitalisée et l’acte se réalise sous anesthésie générale en hospitalisation. Les ovocytes vont être prélevés directement dans l’ovaire grâce à une seringue sous contrôle échographique.

Pendant cette intervention, le conjoint doit réalisé un prélèvement de sperme. Les spermatozoïdes recueillis seront triés selon les critères morphologiques et de mobilité, ceux de la meilleure qualité sont sélectionnés.

Les spermatozoïdes et les ovocytes sélectionnés sont alors mis en contact dans le cas d’une FIV classiques, un spermatozoïde peut directement être injecté dans l’ovocyte dans le cas d’une FIV ICSI (FIV avec Injection IntraCytoplasmique du Spermatozoïde). La fécondation a lieu et l’oeuf se développe pendant 3jours.

Au 3e jours après la fécondation et donc à J3 de la vie de l’embryon, c’est le moment du transfert.

Un acte médical va être réalisé afin de transférer l’embryon frais directement dans la cavité utérine de la femme sous contrôle échographique. C’est le début de la phase lutéale comme pour toute grossesse, un test sera réalisé 3 semaines après afin de vérifier le bon développement de l’embryon.

L’OSTEOPATHIE PEUT VOUS ACCOMPAGNER

comme écrit ci-dessus, il existe de nombreuses causes de l’infertilité et donc des solutions variées.
Le rôle de l’ostéopathe dans l’accompagnement suit donc ces variations.

Hors parcours AMP, l’ostéopathe s’assure que les patients ont une connaissance correcte de la physiologie de la reproduction, si ce n’est pas le cas, alors il est primordial d’informer.

L’entretien avec les patients est très important afin de comprendre au mieux leur histoire et de pouvoir cibler et évaluer les facteurs influençant l’infertilité.

La prise en charge ostéopathique ensuite se fait sur plusieurs séances à des moments précis des cycles menstruels (phase folliculaire notamment). Le traitement de toutes dysfonctions ostéopathiques ancienne ou récente et des manipulations ciblées constitueront les consultations.

Pendant un parcours AMP, le traitement ostéopathique dépend de l’intervention qui a été proposé au couple et selon le type d’infertilité. Les effets secondaires sont nombreux et parfois difficile en PMA, l’ostéopathe est donc aussi présent pour les soulager.

Dans tous les cas, l’ostéopathe est accompagnant des patients, informe et conseille sur les facteurs pouvant perturber la fertilité. Il fait partie du parcours de soin et ne se substitue en aucun cas au médecins et autres professionnels de santé intervenant. Le travail en collaboration inter-disciplinaire augmente les chances des patients.

INFO OU INTOX ?

Très peu d’homme sont touchés par l’infertilité

Intox : la part d’infertilité d’origine masculine dans un couple représente de 25% à 40% des cas. Cette idée reçue est liée au fait que la grande majorité des études étaient portées sur la femme jusqu’à présent.

L’infertilité est rare

Intox : Aujourd’hui, un couple sur 5 consulte pour des troubles de la fertilité, ce qui ne veut pas dire que les 4 restant ne rencontrent pas de problème de fertilité. C’est donc 20% des couples au minimum.

Les bouteilles en plastique peuvent avoir un impact sur la fertilité

Info : Les bouteilles et tous les contenants plastique en général appartiennent aux produits transformés qui renferment des molécules considérées comme perturbateurs endocriniens qui altèrent la fonction reproductrice.

Messieurs, porter un slim peut nuire à vos spermatozoïdes

Info : le fait de porter un pantalon serré va rapprocher les testicules du corps de l’homme, la température des testicules va augmenter ce qui va gêner la spermatogenèse. Ce phénomène est le principe sur lequel se base le slip contraceptif pour les hommes.

Utiliser un ordinateur dans son lit est mauvais pour la fertilité

Info : Surtout si on le pose sur son bas ventre sans support ! La chaleur générée est mauvaise pour la spermatogenèse et les ondes auxquelles on s’expose font partie des perturbateurs endocriniens.